
Est-ce que vous aussi vous avez déjà eu l'impression de ne pas être assez, de devoir cacher une partie de vous, d'être arrivé(e) sur Terre avec des capacités en moins et un devoir de lutte en plus ?
Vous savez, c'est quand par exemple :
Vous faites de votre mieux pour apprendre à reconnaitre et canaliser vos émotions mais que malgré tous vos efforts, elles débordent encore.
Vous travaillez énormément pour être compétent(e) mais vous faites encore parfois les mêmes erreurs.
Vous arrivez à écouter les autres et à les aider dans leurs décisions mais vous avez du mal à faire des choix pour vous.
Même si ces dernières années, l'imperfection est plus en plus assumée et tolérée, il peut parfois être difficile de montrer les siennes. Parfois par peur de se noyer dedans (on essaye de se convaincre soi-même qu'on en a pas ou qu'on gère pour se protéger), souvent par peur du regard des autres.
C'est une sensation que beaucoup d'entre nous rencontrent au moins une fois dans leur vie. Et quand on est entrepreneur, on y est encore plus confronté. Parce que quand on se met à son compte, c'est un peu comme si on devenait une vitrine, et les magasins dont les vitrines sont abîmées ou pleines de salissures, ne donnent pas envie de rentrer.
Alors, on essaye de venir camoufler les fissures avec du scotch doré (qui peut partir à la moindre averse) ou de nettoyer les vitres avec un chiffon (qui peut étaler davantage les salissures). Pourtant, on pourrait tout aussi bien prévenir les clients en affichant sur la devanture qu'un nettoyage ou une rénovation est cours. Non pas parce que ce qui est existe déjà n'est pas bon, mais pour que l'expérience client soit encore plus agréable, plus réussie.
Mais je sais à quel point c'est difficile de voir et d'assumer ses imperfections. C’est pour cela que je vous invite aujourd'hui, à travers ce conte, à les voir non plus comme des fardeaux, mais comme des permissions de s’élever que vous offrez aux autres. Parce qu'en osant montrer vos propres fêlures, vous offrez à ceux qui vous regardent la liberté d'oser regarder les leurs, de les assumer et de s'autoriser, eux aussi, à être imparfaits mais rayonnants.
Il était une fois un porteur d'eau qui travaillait en Inde. Chaque jour, il portait deux grandes jarres accrochées à un bâton posé sur ses épaules.
L'une des jarres était parfaite. L'autre avait une fêlure. Alors que la jarre parfaite gardait toute son eau jusqu'à la maison, la jarre fêlée en perdait la moitié sur le chemin. Cela dura deux longues années.
La jarre parfaite était très fière. Elle faisait bien son travail ! Mais la jarre fêlée avait honte. Elle se sentait triste parce qu'elle ne rapportait que la moitié de l'eau.
Un jour, la jarre fêlée osa parler au porteur d'eau :
- « Pardonne-moi... Je me sens coupable. »
- « Pourquoi donc ? » demanda gentiment le porteur d'eau.
- « À cause de ma fêlure, je perds la moitié de mon eau. Tu travailles pour rien ! »
Le porteur d'eau sourit avec bonté :
- « En rentrant à la maison, regarde bien les fleurs sur le bord du chemin. »
La jarre regarda autour d'elle. Oh ! Comme c'était beau ! Des fleurs magnifiques brillaient au soleil tout le long du chemin. Elle se sentit un peu mieux. Mais à l'arrivée, elle était encore triste : elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Alors le porteur d'eau lui expliqua :
- « Tu as vu ? Les belles fleurs poussent seulement de ton côté. De l'autre côté, il n'y en a presque pas. Tu sais pourquoi ? »
La jarre fit non de la tête.
- « J'ai toujours su que tu perdais de l'eau. Alors j'ai planté des graines de fleurs de ton côté du chemin. Et toi, chaque jour, tu les arroses !
Grâce à toi, depuis deux ans, je cueille ces magnifiques fleurs pour décorer la table de notre maître. Sans toi et ta petite fêlure, ces fleurs n'existeraient pas. »
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